- Non, il faut que je te parle, MAINTENANT...
- OK, OK, on se calme... Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Bon... Je ne vais pas y aller par quatre chemins alors... J'ai trouvé un petit ami.
Il reste silencieux. Son visage exprime d'abord la surprise. Puis ce masque impassible une nouvelle fois.
- Et bien, c'est super pour toi... Non ?
- Si, c'est même génial, insiste-t-elle, guettant sa réaction. Mais il y a un problème. Pour euh... Je sais pas si je peux dire "nous" pour notre relation mais... Nous, c'est fini.
- Quoi ? Ah... Bon. Que veux-tu que je te dise ? C'est ta décision après tout.
- Bon... Tu étais pressé alors... Au revoir
Elle se rapproche, et sans qu'il s'y attende, soudain elle l'embrasse avec fougue, comme jamais elle ne l'a embrassé, un dernier baiser entre deux êtres qui auraient pu en vivre plus s'ils l'avaient choisi. S'il l'avait choisi...
Puis elle s'éloigne de lui, sort de la pièce. Et...
- Attend !
Elle s'arrête, ne se retourne pas. Après une hésitation, il se décide enfin :
- Il a beaucoup de chance.
Là, elle se retourne, s'en est trop pour elle. Des larmes silencieuses coulent sur ses joues, ces larmes qu'elle voulait lui cacher.
- Ca ne tenait qu'à toi d'avoir plus de chance que lui... Tu n'as pas voulu, n'as pas "pu" comme tu le disais souvent... "Je ne peux pas te donner plus et tu le sais"... Quand on veut, on peut, non ? J'en ai ma claque de tout ça, l'amour c'est quand tu peux, pas quand moi j'en ai envie, je ne peux plus, tu entends, je ne tiens plus... Alors vas la retrouver, et endors-toi dans ses bras comme chaque soir, non mais tu te rends compte que j'ai supporté cette pensée depuis le début ? Vas la retrouver et reste avec elle... Si tu l'aimes, ne la trompes plus, tu le regretteras...
Il était là, il écoutait, ne disait rien, ne pouvait rien dire, ce n'était que la vérité, comment aurait-il pu la contredire ?
Alors, comme il ne répondait pas, elle essuya ses larmes et tourna les talons, elle ne se retourna pas, ne s'arrêta pas cette fois, et sortit de la pièce.
S'en était fini.